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Couv-Hess-webLe sujet:

En 1966, Jacques B. Hess débute une série de chroniques dans Jazz Hot, intitulées  »Le Bloc-Notes », puis  »Hess.O.Hess ». Elles se poursuivent ainsi jusqu’en 1971 dans les pages de Jazz Magazine.

Chaque mois, il y dépeint, non sans humour,
la scène parisienne du jazz tout en réagissant à l’actualité
sociale française et américaine.

Duke Ellington

Duke Ellington

Ces chroniques, pour la première fois réunies et augmentées
d’une sélection de huit textes parus entre 1955 et 1985, tout
aussi drôles et judicieux, nous éclairent sur vingt années
de jazz d’un regard dont la pertinence raisonne encore
aujourd’hui.

L’auteur:

Contrebassiste, critique et historien du jazz, musicologue,
traducteur, écrivain, Jacques B. Hess (1926-2011) a entamé
sa carrière de musicien à l’issue de la Seconde Guerre
mondiale, pendant laquelle il fut emprisonné dans le camp de
concentration de Buchenwald.

Bud Powell

Bud Powell

Rescapé de ce camp, et décoré de la Légion d’honneur, il a
accompagné de nombreux musiciens de jazz pour des séances
d’enregistrement ou lors de tournées dans le monde entier.
Entre autres, Claude Bolling, Guy Lafitte, Jack Diéval, Eric
Dolphy, Bud Powell et Duke Ellington ont fait appel à lui.

Charles Mingus

Charles Mingus

Jacques B. Hess a écrit de nombreux textes pour des revues et
magazines comme Jazz Hot, Jazz Magazine et Les Cahiers du
jazz. Auteur d’un ouvrage précis sur le ragtime dans la collection
« Que Sais-je ? » (1992), il a également réalisé de nombreuses
traductions de l’américain comme celle de « Moins qu’un chien »
de Charles Mingus (1985). Il fut également chargé d’un cours
d’histoire du jazz à la Sorbonne, anticipant sur un enseignement
devenu courant aujourd’hui.

Extraits:

* 5 novembre. J’ai réécouté hier de vieux enregistrements de Billie Holiday. Surprise ! Qui croyez-vous qui joue de la basse dans « You Let me Down », enregistré en décembre 1935 ? Grachan Moncur, comme dirait Zazie. Mais lequel ? Eh bien, rien moins que le fondateur de la dynastie, Grachan Moncur tout court, que nous appellerons désormais, jusqu’à de plus amples révélations de la part des généalogistes spécialisés, Grachan Moncur I, si vous voulez bien. Mais alors, une question se pose : qu’est-il advenu de G. C. II ? A-t-il lui aussi régné sur l’éléphantesque instrument, ou est-il mort en Autriche sous le regard impassible de Metternich, comme N. II, ou encore a-t-il disparu à la prison du Temple, comme L. XVII ?

Quel Lenôtre, quel Castelot se penchera sur ce problème de petite histoire ?

Grachan-Moncur-III

Grachan-Moncur-III

* On s’est demandé depuis longtemps, sous des formes et pour des raisons diverses, s’il ne s’infiltrait pas, tout d’un coup et subrepticement, plus de vérité ou/et de beauté par la fêlure de l’accident qu’il n’y en a dans tout l’appareil du discours maîtrisé. Nous avons tous, je crois, des exemples de prédilection en jazz. Sans parler de Parker, il y a chez Charlie Christian, dans « The Sheik » (avec le sextette Goodman) aux 11e, 12e et 13e mesures, une petite phrase loupée, une montée en quintes diminuées, qui me laisse toujours rêveur. Et qu’est-ce qui fait que ce que joue Tommy Flanagan aux 9e, 10e et 11e mesures du premier chorus de son solo dans « Saint-Thomas » (avec Sonny Rollins), parce qu’il s’embrouille les doigts, est plus troublant que s’il s’était exprimé sans ambiguïté ? Je n’apprends certainement rien à Hodeir, qui s’interroge toujours pour savoir ce qu’allait dire Monk au moment où il s’est cassé la gueule dans « The Man I Love » (avec Miles Davis). Rappelons pour mémoire qu’à l’époque, à la suite de la publication de l’article d’Hodeir, cet accident est devenu du jour au lendemain très populaire parmi les jazzmen français, qui l’ont baptisé – naturellement – « le trou de Monk ».

Thelonious Monk

Thelonious Monk

 

TITRE : “HESS-O-HESS”, Chroniques, 1966-1971
AUTEUR : Jacques B. HESS
Préface de Lucien MALSON

Format 21 x 13 cm
232 pages
ISBN 978-2-915528-39-8
Prix : 17, 00 €
Parution Juin 2013

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