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(couverture par Gérard Titus-Carmel)

Samedi 1er octobre à 20h, La Maison de la Poésie à Paris vous convie au lancement du livre collectif « Lettres à Miles », coordonné par Franck Médioni. En présence des auteurs Zéno Bianu, Thomas Compère-Morel, René de Ceccatty, Jacques Darras, Delphine Durand, Franck Médioni, Nimrod, Sébastien Ortiz qui seront associés à Médéric Collignon (trompette), Yvan Robilliard (piano), Stéphane Kerecki (…)
Voir le compte-rendu par Jazz Magazine dans la page « La presse: on en parle ».

Ce 28 septembre 2016, nous publions ici vingt-cinq ans, jour pour jour après sa disparition, le premier article consacré aux « Lettres à Miles » signé Didier Pennequin dans Le Quotidien du Médecin (édition datée du 26/09): à voir dans notre page « La presse: on en parle. »

Le sujet:

Miles Davis est mort il y a vingt-cinq ans, le 28 septembre 1991. Il a traversé les mondes multiples de la musique, les terres chaudes du jazz. Il a créé, rêvé, aimé. Les amateurs de jazz le désignent familièrement, amicalement, par son seul prénom : Miles. Il est devenu une légende, la seule star que le jazz ait porté. Du be-bop au hip-hop en passant par le jazz cool, le jazz modal et le jazz-rock, le trompettiste américain a épousé et infléchi avec audace les différentes évolutions du jazz qui, d’un folklore limité au Sud des Etats-Unis, est devenue une musique-monde.

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Ils sont 55 auteurs, musiciens, romanciers, poètes, journalistes, réalisateurs, comédiens ou dessinateurs, hommes, femmes, toutes générations confondues. Chacun d’entre eux adresse une lettre à Miles Davis.

 

L’auteur:

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Franck Médioni est journaliste et écrivain. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la musique : John Coltrane, 80 musiciens de jazz témoignent (Actes Sud), Miles Davis, 80 musiciens de jazz témoignent (Actes Sud), Le goût du jazz (Le Mercure de France), Martial Solal, ma vie sur un tabouret (Actes Sud), À voix basse, entretiens avec Joëlle Léandre (Editions MF), Albert Ayler, témoignages sur un Holy Ghost (Le mot et le reste), Jimi Hendrix (Gallimard), My favorite things, le tour du jazz en 80 écrivains (Editions Alter Ego), George Gershwin (Gallimard), Sonny Rollins, le souffle continu (Editions MF).

Actualités du livre:

http://www.maisondelapoesieparis.com/events/lettres-a-miles/   C’est le 1° octobre à Paris.

http://www.tsfjazz.com/programme-detail.php?une=2458&idd=10775  C’est le 19 septembre sur TSF Jazz à 18h.

La préface:

De tous les exercices littéraires, la lettre est à la fois celui qui nous est le plus proche – qui n’en a pas écrit et envoyé une ? – mais en même temps le plus éloigné si l’on veut bien y impliquer l’art d’écrire, qui ne titille pas tout un chacun ! L’extrême modernité a encore complexifié les données de l’exercice en ajoutant à la plume ou à la machine à écrire l’ordinateur et ses mèls, et autres boîtes de réception.

Proposer d’écrire une lettre à Miles Davis est en soi une provocation, un défi. Comment s’affronter à cet impossible ? Peut-être en y voyant seulement une variante de la lettre ou de la déclaration d’amour, ce qui justifie qu’on puisse citer, en lieu et place de la lettre, des aveux de femmes, voire le poème d’amour de la sourdine Harmon, qui a tant aidé à « signer » le son de Miles Davis. Ou alors un « bla-bla » destiné d’abord à faire parler de soi. Ensuite, c’est juste une question de posture. Ici le tutoiement, l’adresse à un vieux pote, la fraternité supposée, fondée sur la pratique du même métier. Ailleurs le poème, l’aveu indirect, le rêve, l’anecdote inventée. Ou bien c’est l’allusion (rare aujourd’hui) à de vraies rencontres, à ce qui a fait les liens entre celui (ou celle) qui écrit et l’homme à qui l’on s’adresse. Cela peut aller jusqu’au fétichisme des billets de concert, pieusement conservés et encadrés. Dans la même veine, on citerait la veste en cuir offerte un soir de demi-brume… Ou alors, plus rare – et peut-être imaginé – c’est Miles lui-même qui vous prend par la main pour vous faire entrer dans la salle ! Souvent, on évite la forme même de la lettre pour s’engager dans une sorte de portrait, ou rappeler des souvenirs communs, séances d’enregistrements par exemple, pour ceux qui ont joué avec lui.

Miles Davis : nombreux sont ceux qui soulignent les racines latines de ce prénom, qui aura servi si souvent à marquer les bornes (Milestones) d’une œuvre qui s’est construite avec une rare obstination, et cependant sans aucun « plan de carrière » ! Une sorte de « dérive » qui justifie si bien que la pulsion soit en anglais un « drive », poussée constante, aveugle en un sens et cependant terriblement insistante. Il y a quelque chose chez lui qui va jusqu’à son terme, jusqu’à ces derniers concerts (avec Kenny Garrett comme partenaire en dialogue) où le son et le phrasé retrouvés sont au service d’un dernier battement, tellement dansant que nul ne pouvait y échapper.

« Mon instrument est ma voix », dit-il avec cette raucité caractéristique dans le timbre qui suffit à le reconnaître dans sa parole comme dans sa sonorité, comme s’il avait réussi à mettre une sourdine « Harmon » dans son propre corps. À moins que ce ne soit l’inverse !

Dans un livre collectif précédent orchestré par Franck Médioni (My favorite things, le tour du jazz en 80 écrivains), personne n’avait choisi le moindre album du « Prince Of Darkness ». Étonnant ? Pas tant que ça au fond. Parce que le trompettiste fait si souvent la une qu’on s’est permis, pour une fois, de l’oublier. Peut-être parce qu’il fait un peu peur, encore : se confronter à une telle hauteur n’a rien d’évident. Alors on évite. Cette omission qui désigne sera donc ici même réparée.

Philippe Méziat

 

Les «  »signataires » des lettres:

Parmi les cinquante-cinq signataires que l’on devrait tous citer (et qui parfois – assez souvent – ont illustré, au sens propre du terme, leur propos) on notera la présence de Zéno Bianu, René de Ceccatty, Jean-Louis Chautemps, Médéric Collignon, Andy Emler, David Foenkinos, Paolo Fresu, Jimmy Heath, Lee Konitz, Marc Lambron, Dave Liebman, Ben Sidran, René Urtreger…

 

Références:

ISBN: 978-2-915528-54-1

prix: 18 € ttc

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